Introduction aux licences Oracle

En service auprès d’un client de mon employeur du moment, une structure, non des moindres de mon cher pays, le Cameroun, je constatais qu’elle faisait tourner sa base de données Oracle Database 11gR2 Enterprise Edition sans licence. Et moi de me poser la question du pourquoi de cette situation quand on sait le risque encouru en cas d’audit inopiné de l’éditeur; des amendes allant parfois jusqu’à plus de 5 fois le montant à payer pour les licences des options utilisées. La raison de cette situation, commune (et il faut le déplorer) à plusieurs entreprises sur le continent, et même dans le monde, tient, le plus souvent, de l’incompréhension du fonctionnement des licences Oracle.

Oracle, toujours number One!

OracleMarketShare  Comme le confirme chaque année les statistiques sur les tendances du marché, Oracle est le numéro un mondial du marché des bases de données. On comprend donc que la préférence pour les leaders du marché, conduise naturellement des utilisateurs potentiels des solutions de management des données à opter pour le « Big O » (comme j’aime à l’appeler par analogie au « Big Blue » qu’est IBM).  D’autre part, les serveurs de bases de données Oracle sont téléchargeables gratuitement sur le site de l’éditeur, l’utilisateur se doit donc de déclarer lui même les outils et/ou options utilisés dans ses environnements pour que l’éditeur lui en fournissent les licences adaptées. Le problème c’est que de manière générale, le licensing Oracle est réputé difficile à comprendre et très peu documenté (Oracle’s licensing changes are often poorly communicated). Certains arguant d’ailleurs que le flou est volontairement entretenu pour laisser plus de marges aux commerciaux Oracle de mieux faire du chiffre en tirant les choses à leur avantage.

Essayons de démailler les choses

Le nombre de CPU ou le nombre d’utilisateurs, la version du produit (Enterprise Edition, Standard Edition, Standard Edition One, …), les options (certaines options requièrent une licence dédiée) sont des facteurs essentiels à prendre en compte pour évaluer le coût et le nombre de licences adaptés à un client. Une peinture pittoresque à ce faire, serait de considérer qu’il existe deux formes de licences: les licences par Utilisateurs Nommés Plus et les licences par Processeur. Un Utilisateur Nommé Plus étant une personne ou une machine susceptible de se connecter au serveur de données.  Cela veut dire que vous pouvez évaluer le nombre de personnes ou machines qui pourraient avoir à se connecter à votre serveur de bases de données et payer uniquement pour ces derniers. Mais attention, ce mode de licensing fixe un nombre minimal de licences à acquérir, on peut donc s’attendre à une mention du genre « Quantité minimale de commande: 25 », selon la version du produit. J’ai essayé un calcul rapide en version EE,  et je me suis rendu compte que le prix de 50 licences utilisateurs nommés plus est équivalent à une licence processeur. Je conseille donc de bien explorer la licence par processeur avant d’opter pour l’autre.

Les prix officiels des technologies oracle sont publiés et régulièrement mis à jour, il faut donc commencer par en prendre acte.  La seconde chose c’est d’opter pour l’un mode de licensing évoqué plus haut. Si on opte pour l’acquisition des licences par processeur, il faut intégrer certaines contraintes minimales telles que: il n’est pas autoriser pour la version SE de tourner sur plus de 4 processeurs, la version SE One ne peut être utilisé sur plus de 2 processeurs. Pour les infrastructures matérielles à plusieurs cœurs, un coefficient de multiplicité est appliqué pour calculer la puissance de votre serveur physique et ainsi déterminer le nombre licences processeurs que vous devez acquérir. Un tableau définit les coefficients applicables aux architectures les plus utilisés du marché. Si par contre on opte pour des licences utilisateurs nommés plus, il faut garder à l’esprit qu’un Pool de 10 sessions utilisé par 600 utilisateurs correspond, non pas à 10 mais à 600 utilisateurs nommés plus. Le nombre de licences utilisateurs nommés plus peut alors très vite exploser.

Vous avez dit licence perpétuelle?

Pour les habitués du serveur de bases de données MySQL,  du même éditeur (le Big O) et recommandé pour PME ou pour les applications de taille départementale au sein d’une grande entreprise, on s’attend à ce que les licences soient annuelles par défaut. Ce n’est pas le cas pour Oracle Database dont le format est perpétuel par défaut. Le client qui le souhaite pouvant solliciter une licence sur un an (20% du coût de la licence perpétuelle), 2 ans (35% du coût de la licence perpétuelle), 3 ans (50% du coût de la licence perpétuelle), 4 ans (60% du coût de la licence perpétuelle) ou 5 ans (70% du coût de la licence perpétuelle). Tout est donc mis en oeuvre pour encourager le client à prendre une licence perpétuelle et ainsi le pérenniser. C’est de bonne guerre me répondront mes amis commerciaux…

Intégrer le Support Oracle dans l’évaluation des coûts.

Au coût des licences, il faut prévoir des coûts supplémentaires pour le support de la solution pour laquelle elles ont été acquises. Ces coûts sont  de l’ordre de 22% pour le Support Premier et évoluent au gré de Oracle Technology Lifetime Support, comme nous l’avons signifié dans un précédent article. Pour ceux qui optent pour les licences annuelles, le support est lui aussi annuel.

  Je vous laisse donc à vos calculettes!

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